Collection: Stanley Février

Biographie (FR)

Plasticien, à travers ses installations et ses sculptures, Stanley Février explore la souffrance physique et psychologique causée aux personnes par les violences du monde moderne. Si ses œuvres, politiques et engagées, s'inspirent des enjeux de pouvoir à l'ère de la mondialisation, elles abordent aussi des questions plus intimes, comme celle du rapport à soi et du rapport à l'autre, devenues difficiles dans un monde. où l'écoute perd de sa valeur. La sensibilité du regard de Février et l'efficacité de ses stratégies plastiques émeuvent et, en même temps, poussent à la réflexion. Il tente de créer un espace de rencontre où les participants.es sont au centre de l'œuvre. Et les amener à se repolitiser et à affirmer leur vécu pour finaliser l'œuvre ; dans une prise de conscience du je, du nous, de son pouvoir politique et le politique « entendu comme souci de soi et de l'autre ». Diplômé en arts visuels et médiatiques, ses préoccupations artistiques et conceptuelles se fondent sur la critique institutionnelle, sur les enjeux identitaires et la violence et les inégalités engendrées par cette dernière.


Février est récipiendaire de plusieurs bourses de création des conseils des arts. Il a participé à plusieurs expositions individuelles et collectives au Canada et à l'international. En 2019, il a pris part à "Over My Black Body" à la galerie de l'UQAM, exposition commissariée par Eunice Belidor et Anaïs Castro. L'artiste présente également en 2019 l'œuvre "cette chair" dans l'exposition collective D'où venons-nous? Que sommes-nous ? Où allons-nous... (2019) au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). En 2020, il est lauréat du 4E PRIX EN ART ACTUEL DU MNBAQ. En 2021-2022 à l'exposition "Combien de temps faut-il pour qu'une voix atteint l'autre ?" commisariée par Mary-Dailey Desmarais au Musée des Beaux-Arts de Montréal. En 2021 et 2022, Février réalise plusieurs expositions solos majeures : Musée d'Art Actuel/Département des Invisibles, Œuvre web, Galerie de l'UQAM, Menm vye tintin & Les vies impossibles, Musée National des Beaux-Arts du Québec, commisariée par Bernard Lamarche, Les vies possibles, Musée d'art contemporain des Laurentides, commissariée par Jonathan Demers, Être humain, est-ce un mal(e) absolu, Centre EXPRESSION, Ste-Hyacinthe et MAADI : Viva l'Artista, Musée des Beaux -Arts de Montréal, commissariée par Laura Delfino et Iris Amizlev. L'artiste est finaliste pour le PRIX SOBEY POUR LES ARTS.


Démarche artistique (FR)
L'interdisciplinarité est fondamentale dans la démarche de Stanley Février. Celle-ci le porte à utiliser diverses techniques dans lesquelles la sculpture joue un rôle majeur. Il s'intéresse aux enjeux socio-politiques, économiques portant une réflexion sur la valeur de la vie dans le contexte de mondialisation, et les tragédies de l'Histoire du XXIe siècle. L'artiste analyse et se réapproprie ces drames, particulièrement les fusillades de masse, les attentats, les flux migratoires, les impacts de la société de consommation sur l'environnement.


Les plus récentes préoccupations artistiques et conceptuelles de Stanley Février présagent sur la critique institutionnelle, les enjeux identitaires, la violence et les inégalités engendrées par cette dernière. Car le langage employé aujourd'hui pour décrire les minorités dit « visibles », « communauté ethnoculturelle », « immigrante » ou encore « diversité » ; selon Tania Cañas (2017)3, n'est qu'un « concept blanc » et cherche à comprendre à travers des lentilles blanches, la différence en créant, en conservant et exigeant des définitions palabreuses de « diversité », dans une lutte superficielle pour la diversité culturelle ne traitant pas les causes profondes de l'exclusion et du déséquilibre du pouvoir dans les arts. Étant un artiste québécois, canadien d'origine haïtienne, face à l'enjeu actuel autour de la diversité, il lui est apparu impératif de questionner son identité québécoise, au travers des terminologies employées par le gouvernement canadien. Cette interrogation a donné naissance à la conception du projet « Les grands espoirs » qu'il poursuivra lors des résidences artistiques Jano Lapin.