Artiste en résidence Rosalie Gamache – Galerie Jano Lapin

Artiste en résidence Rosalie Gamache

La Galerie Jano Lapin offre un programme de résidences artistiques offert à deux artistes pour une période de 6 mois. Commanditées par Desjardins, ces résidences permettent aux artistes de poursuivre leurs recherches dans un environnement stimulant, entourés d'une Galerie d'art et de plusieurs ateliers, le tout ponctué de rencontres avec divers acteurs du milieu artistique Québécois.

Lien vers le programme de résidence est ici

Démarche

La  pratique de Rosalie Gamache en peinture actualise des procédés classiques en exploitant les codes de représentation traditionnels et modernes, de façon à les détourner et à les questionner. Son travail souhaite se pencher avec une sensibilité contemporaine sur le problème de la représentation en peinture et le caractère indissociable des gestes de dissimuler et de révéler. Sa formation
académique en beaux-arts lui permet d’appréhender des sujets contemporains d’une double manière : d’une part, la connaissance de l'artiste des techniques de la tradition réaliste lui permet de figurer ses sujets avec attention et délicatesse, dans une temporalité lente ; d’autre part, sa maîtrise des différents procédés de représentations classiques et modernes lui offre une liberté et une polyvalence dans la façon de les représenter.

C’est pourquoi Gamache aime emprunter des chemins variés pour représenter les mêmes sujets afin d’ouvrir une réflexion sur la façon dont les différents procédés de figuration peuvent dépeindre d’une manière nuancée tout sujet, en écho aux discussions contemporaines sur la question de la représentation. Ainsi, au sein de la même image, elle fait cohabiter différents procédés plastiques, tant figuratifs qu’abstraits, en tirant parti de la charge symbolique et affective de procédés historiques comme le trompe-l’œil, la mise en abîme ou la transparence. De ce passage entre le rendu technique et les dérives qu'elle opère résulte des œuvres
plurivoques, qui offrent une résistance de lecture au regardeur et permettent de réfléchir à l’actualité des codes esthétiques, symboliques et conceptuels de la peinture, notamment l’illusionnisme. Ce brouillage de la représentation par le croisement de différents procédés de figuration lui permet ainsi d’exploiter les ressources de ce médium riche d’histoire pour traiter de thématiques actuelles comme l’apparence, l’incarnation ou l’identité.

Rosalie Gamache explore des sujets traditionnels, comme le portrait ou la nature morte, en travaillant sous forme de séries. Avec sa première série Costume, elle se penche sur la thématique de l’identité de genre par le biais de portraits de personnes issues de la communauté LGBTQ+ de la ville de Québec. Entrelacés, peints en superposition et en transparence, ces portraits abordent avec subtilité l’identité complexe de ses modèles, en enchevêtrant sans les hiérarchiser leurs facettes féminines et masculines. Abandonnant la palette vive de Costume dans sa récente série des Peintures blanches, elle dépeint par de subtiles gammes monochromes des objets du quotidien masqués par une épaisse couche de plâtre. Il en découle des natures mortes étranges, habitées par la tension entre le rendu lisse des œuvres et le caractère informe de ces objets, qui, dissimulés sous le plâtre, résistent
à toute identification unilatérale. Dissimuler et masquer deviennent ainsi des moyens d’aborder l’oscillation des identités, de faire des images des lieux d’indétermination.

Biographie

Originaire de Montréal, Rosalie Gamache étudie en Italie, en 2013, à la Florence Classical Art Academy, une école russe de beaux-arts classiques. À son retour, elle s’installe à Québec et perfectionne sa technique de peinture à l’huile grâce à une formation de mentorat privé. Parallèlement à cet apprentissage, elle fait un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’Université Laval et à l’École supérieure d’art et de design de Marseille-Méditérranée. Son parcours singulier, à mi-chemin entre les beaux-arts et l’art contemporain, l’amène à développer une démarche de réactualisation du médium de la peinture.

Depuis le début de sa carrière, Rosalie présente plusieurs expositions individuelles, notamment à la Galerie AVE et à la Maison de la culture Mercier à Montréal, et au Centre d’exposition de Val-d’Or. Elle participe également à différentes expositions collectives au Québec et à l’étranger, dont l’exposition Errance sans retour au Musée national des beaux-arts du Québec et à la Biennale de Florence. L’artiste est récipiendaire de plusieurs bourses, notamment de l’organisme Première Ovation en 2015 et en 2019, et de la Ville de Québec en 2021.

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